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Références scientifiques
L'expérience engagée au travers de ce projet est née de la lecture des analyses thérapeutiques portées par des personnalités telles que B. Cyrulnik (résilience), le Dr Victor Frankl (logothérapie) et le Dr Patch Adams (thérapie par le rire).
Boris Cyrulnik
Ethologue, psychanalyste, psychologue, neuropsychiatre et écrivain français, est l'auteur du concept de résilience, appliqué à l'être humain, qu'il a développé dans ses livres « Un merveilleux malheur » et « Les vilains petits canards ».
"Résilience" est un terme emprunté à la physique. Il désigne la propriété physique d'un matériau qui reprend sa forme après avoir subi un choc.
La résilience est un processus inter individuel, c'est à dire que seul on ne peut le déclencher. C'est à dire qu'on a besoin de rencontrer quelqu'un avec qui je vais pouvoir partager des émotions, des actions, ou des mots ou des récits. Et à ce moment là je vais pouvoir déclencher le processus de la résilience. ce n'est pas une aptitude individuelle mais une aptitude à tisser des liens" (Boris Cyrulnik)
« Les « éclopés » du passé ont des leçons à nous donner: faire un projet pour éloigner son passé, métamorphoser la douleur du moment pour en faire un souvenir glorieux ou amusant, explique certainement le travail de résilience. On ne réussit jamais à liquider nos problèmes, il en reste toujours une trace, mais on peut leur donner une autre vie, plus supportable et parfois même belle et sensée.
« On constate qu'un certain nombre d'enfants traumatisés résistent aux épreuves, et parfois même les utilisent pour devenir encore plus humains. Où puisent-ils leurs ressources ? Par quel mystère parviennent-ils à métamorphoser leur meurtrissure en force ? Comment réapprennent-ils à vivre après une épreuve ? Maria Callas, Barbara, Georges Brassens... Ces cas de résilience sont célèbres. Boris Cyrulnik décrit ici ce que pourrait être chacun d'entre nous. Cette nouvelle attitude face aux épreuves de l'existence nous invite à considérer le traumatisme comme un défi. »
« La possibilité de rencontrer des lieux d'affection, d'activité et de paroles que la société dispose parfois autour du blessé, offre les tuteurs de résilience qui lui permettront de reprendre un développement infléchi par la blessure. »
« La créativité des mal-partis: et quand les décideurs sociaux accepteront de disposer autour des mal-partis quelques lieux de création, de parole et d'apprentissage sociaux, on sera surpris de voir qu'un grand nombre de blessés parviendront à métamorphoser leur souffrance pour en faire une œuvre humaine, malgré tout. »
Le fait d'avoir été blessé rend sensible à toutes les blessures du monde et invite au chevet de toutes les souffrances, pour paraphraser des chansons de Barbara..»
« Les cultures normatives éradiquent l'imagination: quand le rendement social est devenu une valeur culturelle prioritaire, il a fallu éradiquer l'imagination. La culture créative est un liant social qui donne espoir aux épreuves de l'existence, alors que la culture passive est une distraction qui fait passer le temps, mais ne résout rien. Pour que la culture offre des tuteurs de résilience, il faut engendrer des acteurs bien plus que des spectateurs. Tous les enfants qui souffrent sont contraints à la créativité, ce qui ne veut pas dire que tous les créateurs sont contraints à la souffrance. »
«La résilience, c'est l'art de naviguer dans les torrents. Parmi les facteurs de réussite de la résilience, en tête vient la rencontre avec une personne signifiante, capable de donner corps à la simple signification: il est possible de s'en sortir. Brassens, à cause de sa propre histoire a bien compris qu'un tout petit signe suffit à transformer un vilain petit canard en cygne:
Elle est à toi cette chanson,
Toi l'auvergnat qui, sans façon,
M'a donné quatre bouts de pain
Quand dans ma vie il faisait faim.»
Viktor Frankl
L'homme est un être à la recherche de sens. A partir de cette constatation simple, Viktor E. Frankl (1905 - 1997) a développé la logothérapie.
Troisième voie de la psychothérapie après celles de Freud et d'Adler, elle aide la personne à reconnaître les valeurs qui l'attirent, à découvrir l'être unique qu'elle est et à réaliser les meilleures possibilités inscrites dans sa situation de vie concrète. La logothérapie se concentre sur les possibilités d'avenir que découvre une personne selon ses propres qualités et compétences. Elle aide la personne souffrant de vide existentiel à retrouver un sens à sa vie. De cette manière, elle peut diminuer, chez cette personne, le risque de maladies psychiques et somatiques. En effet, le vide existentiel pourrait faire le lit de dépressions, dépendances, phobies, faiblesses du système immunitaire etc.
Viktor Frankl insiste sur le fait que personne ne peut ni ne doit prescrire le sens à un patient. La logothérapie considère l'orientation vers le sens comme motivation primaire de l'existence humaine. Cette orientation peut servir de moyen thérapeutique mais aussi de nouvelle théorie de la motivation. Selon Viktor Frankl l'homme n'est ni un jouet de ses pulsions ni un être complètement déterminé par son contexte social. En tant qu'être humain l'homme peut choisir librement sa perspective, sa position et son attitude face aux conditions intérieures et extérieures de son existence.
« L'Homme est un être qui décide... »
« L'homme n'est pas poussé par la pulsion, mais tiré par les valeurs. »
« La question par rapport au sens de la vie se laisse poser d'une manière seulement concrète, et on y répond par des actes. »
Définition de la logothérapie par Elsa Godart, Philosophe, psychanalyste et logothérapeute, Présidente de l’association LOGOPHISENS
Composée du grec logos – terme majeur en philosophie, rappelant l’idée de sens rationnel et pas seulement de parole – la logothérapie a révolutionné la psychothérapie. Dans Découvrir un sens à sa vie avec la logothérapie (Man’s Search for Meaning), Viktor Frankl la définit comme « la recherche d’un sens à sa vie ». La logothérapie est avant tout cette recherche de sens inhérent à toute existence humaine. Elle se définit par un effort de la volonté, qui en visant un but – c’est-à-dire un sens – à nos actions, motive l’agir humain. En ce sens, la recherche d’une signification devient plus importante que le rôle des pulsions si fondamentales dans la psychanalyse freudienne. Ce qui implique que chaque sujet doit se donner à lui-même sa propre raison d’exister. Cette raison comble alors l’exigence existentielle et spirituelle de l’âme humaine.
Aussi la logothérapie est avant tout une réponse aux symptômes propres à notre époque comme le « vide existentiel ». Le danger du vide existentiel est qu’il est si puissamment ancré dans le sujet, qu’il donne l’impression d’appartenir à une fatalité incontournable. Être atteint de « vide existentiel » c’est perdre toute motivation à vivre : c’est le vide qui remplace le plein de la vie. Lutter contre le sentiment du vide existentiel, c’est aussi le moyen de se battre face une existence qui ne laisse ni place à l’espoir, ni à l’avenir. Viktor Frankl s’est battu de toutes ses forces en camp de concentration pour retrouver de l’espoir et croire à nouveau en l’avenir. Dans Découvrir un sens à sa vie, il précise : « Le mot fin signifie : but et terminaison. Un homme qui est incapable de prévoir la fin d’une « existence provisoire » est incapable de poursuivre un but. Il cesse de vivre en fonction de l’avenir, contrairement à un homme qui mène une vie normale ». Or, celui qui souffre se trouve dans cette « existence provisoire », un état qui est en attente de normalité. Aussi, est-il question de « remplir » ce vide par le sens. Pour vaincre cette souffrance, Viktor Frankl propose deux comportements imparables: Le sens de l’amour et le sens de l’humour.
« Patch » Adams
« Patch » Adams, médecin précurseur du recours au rire, est aussi actif dans le social. Il est non seulement un citoyen diplomate mais aussi un clown professionnel, un artiste et un auteur. Chaque année, il organise avec un groupe de volontaires des voyages où, déguisés en clowns, les membres de ce groupe apportent de l'espérance et de la joie aux orphelins, patients et aux gens qui les entourent.
Véritable révolutionnaire dans sa façon d'appréhender le monde, il estime que c'est par l'amour et la compassion autant que par la médecine dite conventionnelle qu'il convient d'apporter du soin aux personnes malades. Il est auteur d'un manuel pour visiter les personnes en souffrance qui est intitulé "docteur tendresse".
Son exemple et son témoignage international ont donné naissance au soutien par le rire en milieu médical et à de nombreuses vocations médicales et vocations à s'engager pour un monde meilleur.
La traduction brésilienne du film réalisé sur lui O amor é contagioso (« L'amour est contagieux ») illustre de la meilleure des manières la philosophie de vie du docteur « Patch » Adams.
Le docteur « Patch » a soigné plus de 15 000 personnes gratuitement dans l'institut qu'il a fondé, destiné en particulier aux malades dépourvus de Mutuelles de santé. Selon lui, la joie et le bonheur sont un choix à faire chaque jour.
Grand admirateur du poète chilien Pablo Neruda, selon ses propres mots, il puise dans ses poèmes une partie de l'amour qu'il répand. Ses tenues extravagantes mais surtout son grand charisme le font sortir de la norme dès le premier contact...
Patch Adams parait au premier regard un être un peu fou mais dès qu'il se met à parler, on se trouve littéralement « scotché » à ses lèvres. Il voit la vie telle qu'elle est mais garde toujours un côté humoristique.
Patch Adams est surtout connu pour son travail en tant que médecin et clown, et il est aussi un militant social qui a consacré 40 années à l'évolution du système de santé américain, un système qu'il décrit comme coûteux et élitiste.
Il croit que le rire, la joie et la créativité font partie intégrante du processus de guérison et de soins de santé et doit donc vraiment être incorporé au processus médical.
Médecins et patients dans son modèle s'apportent les uns aux autres sur la base de la confiance mutuelle, et les patients reçoivent beaucoup de temps auprès de leurs médecins. Médecins allopathes et praticiens de la médecine alternative travaillent côte à côte. Patch et ses collègues ont pratiqué la médecine à l'Institut Gesundheit en Virginie-Occidentale de cette façon pendant 12 ans dans ce qu'ils appellent leur projet pilote. Patch Adams a consacré sa vie à l'étude de ce qui rend les gens heureux.
Oliver Sacks
Neurologue, professeur à l'Albert Einstein College of Medicine et à l'université de New York (N.Y.U.), notamment l'auteur de « L'Éveil » (1987), de « L'Homme qui prenait sa femme pour un chapeau » (1988) et de « Un anthropologue sur Mars » (1996).
Dans le résumé de son livre « Musico-philia », on peut lire:
« La musique peut nous émouvoir jusqu’au tréfonds de notre être, nous arracher à la dépression, nous inciter à danser, ou nous rendre triste et nostalgique. Quand on est un neurologue aussi compétent qu’Oliver Sacks, et ouvert, comme lui, à bien d’autres disciplines, comment peut-on comprendre et décrire ce pouvoir ? Plus d’aires cérébrales sont affectées au traitement de la musique qu’à celui du langage : l’homme est donc véritablement une espèce musicale. Bien des exemples le montrent, évoqués par Sacks avec la force et le talent qu’on lui connaît (voir L’Homme qui prenait sa femme pour un chapeau), depuis ce chirurgien frappé par un éclair qui devient soudain pianiste à l’âge de quarante-deux ans jusqu’au frère manchot de Wittgenstein, en passant par les familiers de la synesthésie ou les arriérés mentaux mélomanes. La musique est souvent médicalement bienfaisante : elle anime les parkinsoniens incapables de se mouvoir, améliore l’élocution des victimes d’accidents vasculaires, apaise les patients atteints de la maladie d’Alzheimer ou restitue des souvenirs à certains amnésiques. L’homme a donc une véritable dimension musicale. Oliver Sacks la décrit dans toute son étendue, d’un point de vue scientifique, philosophique, et spirituel. »
Quelques textes d’Oliver Sacks y sont éclairants quant à l'apport de la musique pour les personnes cérébro-lésées:
« Nous autres, êtres humains, sommes une espèce musicale non moins que linguistique... La mémoire musicale est extrêmement persistante... »
« Certains être humains ont une mémoire phonographique »
« Découvrir le chant demeure accessible aux traumatisés crâniens; ils sont capables de chanter non seulement des airs, mais des mots tirés d'opéras, de cantique sou de chansons, ce qui peut bouleverser la donne en atténuant tout à coup leur handicap et leur isolement »
« Par delà les mouvements répétitifs de marche et de danse qu'elle induit, la musique peut permettre à une aptitude de s'organiser, d'enchaîner des actes complexes ou de mémoriser de grands volumes d'informations – elle a une puissance narrative ou mnémonique. » Elle est de ce fait utile aux personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer ou de Parkinson.
« La musique est le seul art à être à la fois totalement abstrait et puissamment chargé d'émotions. Bien qu'incapables de représenter quoi que ce soit de particulier ou d'extérieur, elle a le pouvoir sans pareil d'exprimer des états ou des sentiments intérieurs »
« La perception, la sensibilité, l'émotion et la mémoire musicales peuvent survivre longtemps après que les autres formes de mémoire ont disparu...La musique familière agit comme une sorte de mémoire proustienne qui rappelle des émotions et des associations depuis longtemps oubliées: elle permet d'accéder à nouveau à des états d'âme et des souvenirs, des pensées et des mondes qui auraient pu sembler perdus à jamais.» Ceci est observé sur les personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer, apathiques ou victimes de démences profondes.
Novalis:
« Toute maladie est un problème musical; toute guérison est une solution musicale »
Anthony Storr:
« La musique remplit une fonction collective et communautaire dans toutes les sociétés en rapprochant et unissant des individus »: une chorale en est le parfait symbole. En ce sens, c'est une véritable activité sociale. « Il semble bien qu'une union ou un mariage de systèmes nerveux y soit réellement célébré »
Schopenhauer
« Il y a dans la musique quelque chose d'ineffable et d'intime ...Elle est pour nous parfaitement inintelligible et tout à fait inexplicable … Elle nous montre tous les mouvements de notre être, même les plus cachés, désormais délivrés de la réalité et de ses tourments... Elle exprime d'une seule manière, par les sons, avec vérité et précision, l'être, l'essence du monde. »
Nietzsche:
Ecouter de la musique est une activité non seulement auditive et émotionnelle mais aussi motrice:« On entend avec les muscles »
William James:
« Nous sommes extrêmement réceptifs à la musique, elle nous calme, nous anime, nous réconforte, nous électrise ou favorise l'organisation et la synchronisation de nos activités professionnelles ou récréatives. Les œuvres musicales peuvent s'avérer particulièrement thérapeutiques dans toutes sortes d'états neurologiques. »
